Mot du Président

    SATIGUI Koné

    En décidant de la création de l’association que tu diriges, tu prenais déjà date avec l’histoire du développement de la Côte d’Ivoire, notre pays, notre beau pays qui nous appartient à titre égal. Le développement est un processus souvent lent et harassant. Très peu de personnes arrivent à avoir le courage de s’y engager.

La crise qu’a connue la Côte d’Ivoire depuis 1999 a accentué l’état de pauvreté dans lequel vivent les populations ivoiriennes, notamment celles qui sont en milieu rural. D’un taux de pauvreté estimé à 34% en 1995, l’on est passé à 44% en 2010 en Côte d’Ivoire. Avec la survenue de la crise postélectorale, les fondations de la société ivoirienne ont été sérieusement ébranlées. Déjà, la méfiance existait dans la société ivoirienne. A tort ou à raison, les populations se rapprochent sur la base ethnique, religieuse ou régionale. Ce communautarisme ne serait pas un frein à la cohésion sociale s’il participait du rapprochement entre ses agrégats sociaux. Malheureusement, les fossés continuent de grandir entre les populations qui sont, en plus soumises aux messages de divisions de certains leaders aussi bien dans la sphère politique que régionale. Si l’économie ivoirienne a commencé à cicatriser ses blessures et à redémarrer, la cohésion réelle entre les Ivoiriens reste à consolider. Les populations ivoiriennes ont besoin de se parler, de se connaître, d’échanger sur leurs différences culturelles pour en faire un ferment de cohésion sociale et une richesse de la Nation ivoirienne. Des rencontres thématiques permettront à un Ivoirien du Nord de mieux connaître un Ivoirien du Sud pour ainsi créer la base de l’acceptation vraie entre les peuples vivant en Côte d’Ivoire. Il est de notoriété que : - lorsque vous parlez de l’Abissa ou des Fêtes de générations (des peuples lagunaires) à un adepte du Tchologo ou du Poro (des peuples du Nord), il n’en sait pas grand-chose ; - Echangez avec un Mandé sur la succession matrilinéaire des Akan il n’y comprend presque rien etc. - Le Gla des peuples de l’Ouest est du domaine de l’étranger pour un ivoirien de Bouna etc. Les efforts de réconciliation pourront calmer les dissensions nées des crises successives qu’a connues la Côte d’Ivoire. Mais, au delà, la problématique de la création d’une nation forte où chaque citoyen regarde et considère l’autre comme son égal en droit et en devoir reste posée


Publié le : 30/01/2018